Agnès Bouche Barbare vit et crée à Paris. Ses œuvres naissent d'un dialogue subtil entre bois et pigments, huile et acrylique. Chacune prend racine dans les sensations qu'un poème ou une citation lui inspirent, créant une double lecture entre texte et image. Le jeu des intersections, la juxtaposition des couleurs et la sobriété de l'abstraction composent un rythme, un mouvement presque musical.
Reçue au concours des Beaux-Arts de Paris, elle étudie l'art appliqué à l'école Boulle, l'histoire de l'art à l'école du Louvre, puis le graphisme à l'Académie Charpentier, où elle achève sa formation. Douze années à travers l'Europe, notamment en Italie et au Danemark, la mènent du stylisme de mode au design, au cœur de la création française et italienne.
De retour en France, elle crée pendant douze ans pour L'Oréal et ses marques prestigieuses, avant de se consacrer entièrement à la peinture. Sélectionnée pour la première édition de « Révélations » au Grand Palais, elle rejoint la Maison des Artistes et expose vingt œuvres au Palais de Tokyo en 2014. Toujours en quête de nouveaux matériaux, comme la porcelaine en sculpture, elle devient membre des Ateliers d'Art de France.
Après avoir exploré tant de formes de création, elle ne s'arrête pas là : l'écriture et la décoration intérieure deviennent ses nouveaux terrains d'exploration, bricolage à l'appui. Elle a ainsi conçu seule son showroom, un lieu atypique où quelques-unes de ses œuvres trouvent leur place, pensé pour que les invités s'y ressourcent — un plaisir pour les yeux et pour l'âme.
L'atelier — Paris
D'une épaisseur de 5 cm, les tableaux d'Agnès mêlent peinture et sculpture. Leur taille oscille entre 40 cm et 3 mètres. Réalisés en bois choisis parmi différentes essences — chêne, hêtre, pin — chaque pièce est découpée, lissée, transformée avant de recevoir les couches successives de pigments et de médiums.
La matière picturale devient charnelle : c'est dans l'abandon et la maîtrise, le défini et l'éthéré, que ses mains se délient. Matité et brillance, ombres et lumières se répondent, transmettant l'impulsion au mouvement.
Chaque œuvre naît d'un poème, d'une citation ou d'un texte de l'artiste. Ces pensées, en écho aux tableaux, induisent une double lecture. Souvent, idéogrammes, calligraphies et mots d'origine diverse (sanskrit, japonais, hébreu, hindi, grec, arabe, chinois, perse) s'y côtoient et se superposent, tissant un lien imaginaire entre les différents peuples et leurs spiritualités.
Pour Agnès, la pensée façonne ce que l'âme cherche à vivre : tout semble lié, d'où ce jeu d'intersections. Fascinée par la « machine humaine », elle explore des thèmes vécus, comme certaines étapes de son histoire personnelle. Sa matière picturale naît d'une tension entre abandon et maîtrise, le défini et l'éthéré, faisant dialoguer matité et brillance, ombre et lumière.
Ces contrastes propulsent le mouvement, comme l'énergie féminine répondant à l'énergie masculine. Le travail engage les sens — regard, toucher, imagination — dans une cadence quasi musicale. Le rythme demeure d'ailleurs une source d'inspiration constante.
Agnès pense que toute œuvre recèle un potentiel énergétique qui se partage d'office, car créer en conscience, c'est être profondément authentique. De là naît l'idée de transformation par le mouvement — progression, élévation, union, partage.
« Loin des sentiers battus, dans cette communication subtile, je crée en conscience pour offrir un hommage visible à l'invisible, un hymne à l'intensité de la vie et… à son infini. »
Depuis l'enfance, ma sensibilité spirituelle s'est construite au fil d'expériences intérieures assez peu communes. Il m'arrive, entre autres, de communiquer en rêve avec des personnes qui viennent de quitter ce monde. Ces rappels de notre essence au-delà des apparences m'ont donné non seulement une force, mais une sérénité, que je transforme en énergie créatrice.
Reconnaître cette autre dimension de nous-mêmes est une fonction naturelle de l'humain. Être artiste, c'est se laisser guider par l'instant, saisir les étincelles fugaces de l'enfance qui nous restent, et profiter de la vie et de ses incroyables offrandes.
« Écrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir », écrivait Christian Bobin.

Atelier · Œuvres en cours

Salon-Atelier · Paris
Tableaux, sculptures et installations in situ habitent le loft en permanence. Venez visiter l'espace — découvrir les œuvres d'Agnès fait partie de l'expérience.